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Grands angles





Balayons devant notre porte

Hervé Juvin, président d'Eurogroup Institute
Achille Mbembé, sociologue africain, professeur à l'université de Johannesburg
Vaiju Naravane, correspondante à Paris du quotidien The Hindu depuis 2001, avant en poste en Suisse à l’OMS
Hugues Rialan, directeur de la gestion financière de la banque Robeco
Matthieu Ricard, moine bouddhiste au monastère de Shechen au Népal, membre du Mind and Life Institute
Jean-Marc de la Sablière, ambassadeur de France en Italie, ancien représentant permanent de la France auprès de l'Organisation des Nations Unies
Antoine Veil, président d’AV Consultant

Les débats étaient animés par Olivier Jay,rédacteur en chef de l'Usine Nouvelle, journaliste à LCI.


Les différentes appréhensions du réel portées par les courants philosophiques d’autres civilisations (hindouisme, confucianisme, animisme…) ont-elles un impact sur l’organisation économique et sociale ? Sur la hiérarchie des valeurs ?

I. L’interdépendance : se transformer soi-même pour transformer le monde

Pour Matthieu RICARD, les notions d’interdépendance, de globalité et de responsabilité universelle, notamment sur le plan environnemental nouvelles en occident, ont toujours été au cœur du Bouddhisme. Elles conditionnent notre vision du réel et notre façon d’agir dans le monde. Notre comportement peut être égocentré ou au contraire fondé sur l’altruisme. L’égocentrisme est en porte-à-faux avec la réalité : s’imaginer que nous ne sommes pas en interdépendance avec le monde renforce la tendance individualiste qui conduit à un certain malaise si elle est exagérée. La recherche d’un bonheur égoïste par les personnes, les sociétés ou les nations est plus ou moins vouée à l’échec. Elle nous conduit à une vie misérable. Si le bonheur égoïste est le seul but de la vie, la vie est bientôt sans but disait Romain Rolland. Nous rendons généralement misérables les autres et la société si nous ne sommes pas concernés par leur bien-être. A l’inverse, l’altruisme éclairé ou la compassion, le fait de placer avant les autres l’intérêt du plus grand nombre est en harmonie avec la nature.

Par nature, altruisme et compassion reposent sur une analyse correcte de la réalité, celle de l’interdépendance et des relations dynamiques. Le Bouddhisme parle de non violence à l’encontre des humains, des animaux et de l’environnement. Celle-ci consiste à évaluer à chaque instant la qualité de vie globale qui peut découler de chacune de nos actions.
Cela conduit à réexaminer la notion de croissance comme finalité absolue. Matthieu RICARD évoque la notion de BNB, bonheur national brut, préférable à celle de PNB. Si le développement était à l’origine facteur d’amélioration de la qualité de vie, il n’est pas bon de placer tous nos espoirs et nos craintes dans les conditions extérieures de vie, en négligeant le but poursuivi et les conditions intérieures du bien-être. On risque alors de se perdre dans les moyens et de privilégier une croissance dont certains aspects vont clairement à l’encontre de la qualité de vie. Cette théorie commence à trouver un écho chez plusieurs économistes renommés.

Un altruisme éclairé fondé sur cette vision interdépendante du monde est bénéfique à tous les individus. Parmi toutes les émotions ressenties par notre cerveau, celles dont l’impact est le plus positif sont la compassion et l’altruisme. Elles nous prémunissent de la dépression et nous permettent d’accomplir notre propre bien-être.

Il faut se transformer pour mieux transformer le monde et Gandhi disait qu’il faut être soi-même le changement que l’on veut voir dans le monde. Sur le plan de l’environnement, l’imposition d’un système par des lois ou des règles est nécessaire, mais il ne sera pas efficace si tout un chacun ne transforme pas sa manière d’être. La transformation de la société commence par un effort de transformation personnelle.

Le Dalaï Lama dit qu’il ne peut pas y avoir de désarmement extérieur sans désarmement intérieur, de paix extérieure sans paix intérieure. Il faut donc bien commencer par balayer devant sa propre porte.

II. L’arrogance de l’Occident

Hervé JUVIN estime qu’il faut toujours commencer par mesurer le privilège qui consiste à exercer le versant français et occidental à l’autocritique, à la prise de distance et à l’introspection. L’autocritique et la remise en question ne se trouvent pas dans tous les pays.

La mondialisation a été rêvée à la fin du bloc de l’Est comme l’émergence d’un monde unique dominé par une règle unique, celle de l’économie et de la croissance économique comme mesure de toute chose, appliquée à toutes les cultures et les civilisations. Il s’agit d’un trait caractéristique de l’incroyable arrogance de l’Occident. Des institutions séculaires voire millénaires sont remises en cause au nom de la croissance et du développement chaque jour dans le monde. On ne mesure pas à quel point cette arrogance peut détruire ou piétiner des cultures, des histoires, un capital structurel, spirituel ou moral de grande valeur, déclenchant haine et ressentiment. Pour une partie du monde, l’Islam, y compris l’Islam fondamentaliste, est une dignité par rapport aux promesses de croissance qui ne sont jamais tenues et à la règle du jeu unique, déloyale, mensongère et décevante qu’on tente de lui imposer.

Cette incroyable arrogance est largement diffusée par nos institutions, notamment bancaires, et peut être à l’origine de conflits futurs.

L’Occident a pourtant beaucoup à apprendre et apprend beaucoup. Vingt ans de mondialisation, après un siècle de colonisation – et ses prolongements modernes que sont l’aide au développement, le devoir d’ingérence, lui ont beaucoup appris. Hervé JUVIN affirme que le développementalisme fera un jour figure comme le colonialisme de crime contre l’humanité.

Deux points devraient nous inciter à balayer devant notre porte et revenir sur nos certitudes :
· plus longuement un pays a été colonisé, plus profondément il a été marqué par les apports de l’Occident, moins il se développe. C’est criant en Afrique et dans une partie de l’Asie. Les pays qui rejoignent rapidement le groupe des pays développés sont ceux qui n’ont pour l’essentiel jamais été colonisés.
· plus un pays bénéficie d’un programme d’ajustement, d’annulation de sa dette, plus la part de son revenu national composée de l’aide extérieure est importante, moins il se développe et moins les mécanismes internes d’entreprise et d’initiative ont des chances de s’instaurer et de changer la vie des individus.

Ces deux aspects posent question sur notre façon d’envisager l’aide au développement. On peut en concevoir un devoir de modestie, mais aussi un devoir d’abstention. C’est le grand défi des relations internationales dans les années futures. Balayer devant notre porte doit parfois nous conduire à nous abstenir d’intervenir.

Hervé JUVIN estime que si la règle mondiale unique est celle de la croissance économique, elle fera des gagnants absolus et des perdants absolus. Nous venons d’un monde où les hiérarchies ou les rémunérations étaient multiples, et où les différences régnaient. Le système générant des gagnants absolus et des perdants absolu est nécessairement porteur de violence. On peut redouter que la mondialisation se traduise, par les représentations du bonheur matériel diffusées partout, par des promesses de bonheur qui ne seront pas tenues et qui ne peuvent l’être. Semer dans les esprits un désir de croissance illimitée et de surabondance matérielle impossible à satisfaire revient à faire aboyer les chiens de l’apocalypse.

La modération, la modestie et l’abstention seront les principales vertus de ces prochaines années. Le désir de croissance illimité sera lourd de conflit autour de l’accès aux ressources naturelles, de l’appropriation des territoires. Faut-il que le monde entier se plie aux sirènes de la croissance sans limite ?

III. Comment penser la croissance ?

Pour Hugues RIALAN, il est temps de s’interroger sur la façon dont on pense et gère la croissance dans un contexte de réchauffement climatique reconnu et de démographie qui devrait voir la population mondiale atteindre 9,2 milliards d’individus en 2050. La démographie pourrait devenir un atout pour un pays comme l’Inde, face au vieillissement de la population européenne. Mais à l’échelle du monde, cette augmentation de la population ira inévitablement de pair avec une dégradation supplémentaire de l’environnement (réchauffement climatique, montée des eaux) qui entraînera des migrations massives de populations, voire des conflits pour les ressources naturelles. Nous devons prendre conscience que la croissance et la prospérité à l’échelle du monde ne seront pas envisageables au regard de cette évolution démographique. Doit-on pour autant associer croissance et prospérité d’une part et décroissance et décadence de l’autre ? La croissance humaine s’est toujours accompagnée d’une croissance démographique. On peut imaginer une organisation différente de notre société à condition de l’associer à une décroissance démographique.

Aujourd’hui, la question d’un contrôle de la démographie est délicate, voire taboue, mais il semble aujourd’hui urgent de la poser. La religion de la croissance va peut-être devoir être remise en cause pour continuer à croire en la prospérité. Le problème du vieillissement de la population ne va pas aller en s’amenuisant. Or il n’est jamais évoqué et l’on a tort de faire abstraction de la question de la démographie. Le contrôle de la démographie ne peut intervenir qu’aux deux extrémités de la vie, au niveau de la naissance et de la mort. Le plus simple paraît de travailler sur le contrôle des naissances, pour éviter de faire face à des morts beaucoup plus violentes et plus désagréables.

IV. Les limites du modèle occidental

Vaiju NARAVANE considère que la grande qualité du modèle occidental est de placer l’individu au centre des préoccupations. Mais c’est un modèle vicié que l’on a poussé au-delà de ses limites. L’individu est devenu un être égoïste, gâté et pourri au lieu d’être partie d’une communauté d’êtres humains.

Le modèle occidental fondé sur l’égalité des individus face au droit ne connaît pas les travers du modèle indien fondé sur les castes. Mais on a assisté en Occident à de véritables catastrophes survenues au nom de la liberté individuelle et le modèle gagnerait à se débarrasser de ce nombrilisme.

De quel monde est-il question dans le thème de l’atelier ? D’après certains critères, la société indienne connaît un vif succès, avec 10 % croissance par an. Par exemple, l’image que nous avons aujourd’hui de l’Inde est celle d’un pays en pleine croissance, en plein boom économique.

Ce boom démographique induit une telle pression sur les infrastructures que des mesures comme le planning familial deviennent nécessaires. Des efforts ont été faits dans ce domaine par Indira Gandhi mais la population s’est finalement retournée contre ces mesures. Certains experts soulignent qu’en 2050, la démographie mondiale pourrait devenir un avantage pour l’Inde, notamment face au vieillissement de la population européenne. Cela suppose que l’Inde atteigne d’ici là un niveau d’éduction ou de santé supérieur.

En réalité, le développement bénéficie à une partie de la population urbaine mais laisse violement de côté une grande frange de la population qui vit avec moins de un dollar par jour. Tout dépend des paramètres que l’on retient. Quoi qu’il en soit, le fossé avec l’Occident est inacceptable et les changements sont inévitables.

L’Inde a été marquée par l’influence d’autres cultures. Pendant longtemps, l’appartenance à une caste fixait le destin de chaque individu. La situation est en train d’évoluer, sous l’influence du modèle occidental qui repose sur l’égalité. Mais le régime des castes est extrêmement rigide et remonte à 2000 ans. Il semblerait que la greffe puisse prendre : l’Inde a aujourd'hui une presse libre et un gouvernement non militaire. Mais le phénomène des castes persiste et les tensions entre musulmans et hindous sont réelles. L’inde est un pays auquel se rattachent beaucoup de mythes. Il passe pour un lieu spirituel alors qu’il s’agit en fait d’une société extrêmement violente, d’un pays à deux vitesses dans lequel la communauté rurale est ignorée alors même que la population urbaine se développe très rapidement.

La mondialisation nous amène à une certaine uniformisation, et l’on peut en regretter les effets : disparition de langues, de cultures, d’us et coutumes remplacés par les pastiches de Bollywood véhiculant l’image d’une culture populaire standardisée. L’anglais a permis à l’Inde de s’insérer dans la mondialisation mais c’est un anglais basique et pauvre. Les classes moyennes inférieures n’avaient pas accès à l’anglais par le passé. Autrefois réservé à l’élite, il est aujourd'hui plus diffusé, mais sous une forme extrêmement appauvrie.
L’Inde fait partie de ces pays colonisés qui se sont appropriés les outils des colons et les ont retournés contre leurs colons.

Pour Vaiju NARAVANE, la mondialisation devrait se concevoir autour d’aspirations communes partagées telles que les droits de l’homme, la liberté de ne pas avoir faim et de ne pas vivre dans la misère. Si d’après le Dalaï Lama, tout est lié, il y a des liens qu’il ne faut pas perdre de vue.

V. Porter un regard objectif sur la France

Selon Antoine Veil, balayer devant notre porte dans un contexte de globalisation mondiale suppose d’être conscient des grands risques de déséquilibres qui pèsent sur la planète (explosion démographique, raréfaction des ressources, expansion des zones urbaines, pandémie, terrorisme). Mais si on l’envisage sur une lecture plus contingente, on peut aussi ne pas céder à la mode actuelle de l’auto-flagellation, qui est un alibi des inerties actuelles, tout en admettant l’arrogance particulièrement vive dont nous faisons preuve et qui est cultivé par la classe politique.

Balayer devant notre porte c’est d’abord essayer de faire le constat le plus objectif possible des raisons pour lesquelles, depuis la fin des Trente Glorieuses, notre modèle social ne produit pas les ascensions sociales qu’il produisait jusque là et n’a pas pu empêcher la compétitivité du pays de s’éroder.

Il faut peut-être en rechercher les causes dans une sorte de « pédagogie de la facilité » qui a prôné pendant plusieurs décennies l’Etat providence et qui se traduit aujourd'hui par le principe de précaution inscrit dans la constitution dans un pays qui a déjà une tendance à aimer « la sieste ».

Nous vivons à crédit sur le dos de nos enfants. Nous commençons à en avoir conscience mais la prise de conscience est tardive. Nous vivons également sur le dos de nos partenaires, en particulier européens et au crédit des Américains, ce qui renforce notre dépendance vis-à-vis de la croissance américaine. Construire l’avenir impose de regarder cette situation en face et d’avoir le courage de changer.

Nous sommes aujourd’hui face à des choix qui imposent un arbitrage entre l’immédiat et le terme. Par exemple, polluer aujourd’hui nous permet d’accroître ou de maintenir notre confort dans l’immédiat, alors que les conséquences désastreuses de la pollution ne se manifesteront que demain. Or l’opinion publique a tendance à exercer une pression sur les responsables politiques pour une résolution immédiate des difficultés. En ce sens, la démocratie représentative semble subir une dérive participative sur laquelle nous devrions peut-être nous interroger.

Si les problèmes que connaît la France sont difficiles à situer dans le cadre de la mondialisation, il est plus facile de les situer dans le cadre de l’Europe. La France a l’obligation de revenir dans l’Europe. De ce point de vue, l’électrochoc consécutif à l’élection de Nicolas Sarkozy était indispensable mais pas suffisant. L’Europe devrait être notre objectif si nous souhaitons balayer devant notre porte. Par son histoire, sa situation géographique, l’Europe a une vocation à relier les civilisations, à condition que la loi de la majorité y soit mise en œuvre progressivement.

VI.  … et sur le monde

Jean-Marc de la SABLIERE nous rappelle que le monde d’aujourd’hui est en grande partie façonné par l’Occident, même si les autres civilisations n’ont pas disparu. Cette prééminence de notre modèle nous place devant un risque majeur, celui d’une ignorance des autres cultures et des autres réalités du monde. La tentative visant à imposer la démocratie au Moyen-Orient en est l’illustration.

Il n’est pas possible de refuser les évolutions du monde, sous peine de devenir un criminel. Or aujourd'hui, nous sommes dans un contexte de « clash » des civilisations. Beaucoup ont pris conscience de ce risque et prônent le dialogue et le respect. Il convient avant tout d’être attentif à éviter les simplifications rapides et les amalgames, par exemple entre fanatisme et Islam. Il ne faut jamais perdre de vue que le fanatisme se nourrit avant tout de frustrations.

Un autre risque est de ne pas prendre la mesure suffisante de la montée des nouvelles puissances. Pour éviter cet écueil, nécessité nous est faite de nous ouvrir à ces sociétés sans pour autant oublier ce que nous sommes. Il ne faut jamais oublier que bon nombre des principes de notre société occidentale sont beaucoup plus partagés qu’on ne le dit à travers le monde.

Les organisations internationales ont une marge d’action limitée parce qu’elles dépendent des décisions des gouvernements, qui eux-mêmes ne contrôlent pas les mouvements des sociétés civiles. Cependant, les organisations internationales sont d’abord des espaces de rencontres au sein desquelles peuvent être définies des solutions communes. Pour qu’elles puissent réellement avoir ce rôle, il est indispensable que tous les acteurs qui comptent soient on board, c’est-à-dire qu’ils puissent avoir toute leur place dans les espaces de négociation internationale.

La situation actuelle exige de porter sur le monde un regard dépourvu de toute arrogance et de faire preuve d’ouverture. On se connaît mieux soi-même à travers le regard que les autres portent sur nous. C’est pleinement conscient de ce que l’on est que l’on peut rechercher des solutions communes.

VII. Partager les alternatives

Achille MBEMBE évoque l’une des questions soumises aux participants à l’atelier : Si le progrès technique, la démocratie et la croissance ont été un objectif partagé par une majorité de pays au XXe siècle, quelle aspiration commune pour le monde de demain ?
Il estime qu’une telle question pourrait laisser croire que la démocratie, le progrès et la croissance seraient d’ores et déjà une réalité pour l’ensemble des nations du monde. Or il nous rappelle que la grande majorité de la population mondiale vit encore dans des sociétés marquées par des situations de précarité extrême. L’incertitude la plus radicale est le ferment à partir duquel les gens doivent inventer leur humanité. Un grand nombre d’individus doivent construire leur vie en l’absence de tout acquis, de toute garantie, évoluant dans un univers ou tout est en permanence réversible. En dépit de difficultés persistantes, l’Afrique du Sud offre un exemple de réinvention des conditions d’un vivre ensemble après une expérience de l’inimitié et d’apartheid. Le travail mené dans ce pays offre des signes d’espérance à l’opposé des nombreuses situations belligènes que l’on observe aujourd’hui. Il existe des alternatives qui se cherchent et qu’il est important de partager.

La manière de concevoir le développement est en même temps une manière de concevoir la vie qui n’est pas évidente dans le monde d’aujourd’hui : pour être à même de nourrir des aspirations communes, encore faut-il pouvoir imaginer ce qui est commun, avoir conscience de ce que l’humanité a en partage. Or nous vivons dans un monde où le désir de commun est de plus en plus supplanté par le désir d’apartheid, ethnique, religieux ou autre, où la figure de l’ennemi est privilégiée à la figure du semblable. L’ennemi ne peut être désormais que l’ennemi d’une divinité, y compris la divinité séculière. La question de l’ennemi n’est donc plus seulement politique mais est devenue une question théologique à l’origine de ce désir d’apartheid qui caractérise notre époque.


VERBATIM
Jérôme Fournel
" La contrefaçon n’est plus un jeu : c’est une organisation criminelle à part entière. "
Jean-Bernard Lévy
" La législation doit mettre la priorité sur la défense des droits d’auteur, non sur des considérations purement juridiques. "
Jean-Hervé Bradol
" C’est une mauvaise idée de réunir dans une même catégorie la molécule d’un grand laboratoire et une chanson de John Lennon. "
Gary Litman
" Le crime organisé semble mieux organisé que nous. "
Hervé Novelli
" La mondialisation, c’est l’obligation absolue de l’innovation. La contrefaçon, c’est le vol de l’innovation. "
Jean Monville
" La corruption est un phénomène culturel. Il faut donc, pour la combattre, agir davantage sur des leviers culturels que réglementaires. "

 






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